Comment évaluer et améliorer l’empreinte écologique d’une entreprise de transport maritime?

Le transport maritime est un pilier incontournable de l’économie mondiale. Il assure le transport de plus de 80% des marchandises échangées dans le monde. Cependant, ce secteur est aussi un grand émetteur de gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement climatique. Ainsi, la question de l’empreinte écologique des entreprises de transport maritime est plus que jamais d’actualité. Comment l’évaluer et comment l’améliorer ? Voici quelques éléments de réponse.

Un bilan carbone pour évaluer l’empreinte écologique

Afin de mesurer l’impact environnemental d’une entreprise de transport maritime, le premier outil à disposition est le bilan carbone. Il s’agit d’un diagnostic qui permet de quantifier les émissions de GES produites par l’activité d’une entreprise.

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En France, la réalisation d’un bilan carbone est encouragée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui propose un outil dédié, le logiciel Diane. Cette plateforme, accessible à toutes les entreprises, permet de calculer les émissions de carbone liées à leurs activités.

Pour les entreprises de transport maritime, ce bilan prend en compte les émissions directes, produites par l’utilisation de carburants fossiles dans les navires, mais aussi les émissions indirectes, liées à la production et au transport des marchandises, ainsi qu’à la maintenance des véhicules.

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Le rôle clé de la transition énergétique

L’impact des émissions de GES sur le climat appelle à une transition énergétique dans tous les secteurs, y compris le transport maritime. En effet, plus de 90% de l’énergie consommée par les navires provient des carburants fossiles, principalement du fioul lourd.

Une des pistes pour réduire l’empreinte carbone est de remplacer ces énergies polluantes par des sources d’énergie plus propres. Plusieurs alternatives sont à l’étude, comme l’hydrogène vert, le biogaz, l’éolien ou le solaire.

Des entreprises comme Fastrez se sont déjà engagées dans cette voie. Cette entreprise française a développé un système de propulsion hybride pour les navires, combinant énergie éolienne et énergie solaire.

L’efficacité énergétique, un enjeu majeur

Au-delà de la transition énergétique, l’efficacité énergétique est un autre levier pour réduire l’empreinte écologique du transport maritime. Il s’agit d’optimiser la consommation d’énergie des navires, à travers de nouvelles technologies ou de simples gestes d’économie d’énergie.

Des entreprises proposent par exemple des logiciels de gestion de flotte, qui permettent de moduler la vitesse des navires en fonction des conditions météorologiques et de la mer, afin de minimiser la consommation de carburant.

De même, certaines compagnies de transport maritime encouragent leurs équipages à adopter des pratiques éco-responsables, comme l’extinction des lumières lorsqu’elles ne sont pas nécessaires, ou l’utilisation de produits d’entretien écologiques.

L’éco-conception des navires, pour un transport maritime plus vert

Une autre piste pour réduire l’empreinte écologique du transport maritime est l’éco-conception des navires. Cela consiste à prendre en compte l’impact environnemental d’un navire dès sa conception, que ce soit en termes d’émissions de GES, de consommation d’énergie ou de gestion des déchets.

Des entreprises comme Diane travaillent sur des solutions innovantes dans ce domaine, comme des coques de navire plus aérodynamiques, qui réduisent la résistance à l’eau et donc la consommation de carburant.

De même, l’utilisation de matériaux recyclés ou recyclables pour la construction des navires permet de limiter l’impact environnemental de leur production et de leur fin de vie.

L’innovation, moteur d’un transport maritime plus respectueux de l’environnement

Enfin, l’innovation joue un rôle crucial dans l’amélioration de l’empreinte écologique du transport maritime. De nouvelles technologies sont régulièrement développées pour rendre les navires plus propres et plus efficaces.

Par exemple, des chercheurs travaillent sur des systèmes de capteurs et d’algorithmes capables de prédire les mouvements de l’eau et d’adapter en temps réel la trajectoire du navire, pour réduire sa consommation d’énergie.

L’innovation passe aussi par des modèles d’affaires plus durables. Ainsi, certaines entreprises de transport maritime proposent désormais des services de "transport vert", où les clients peuvent choisir de compenser les émissions de carbone de leur marchandise, en finançant des projets de protection de l’environnement.

En somme, l’empreinte écologique du transport maritime est un sujet complexe, qui nécessite une approche globale, combinant évaluation, transition énergétique, efficacité énergétique, éco-conception et innovation. Malgré les défis, le secteur maritime a le potentiel de devenir un acteur majeur de la transition écologique.

L’importance de la collaboration internationale

Dans le contexte de la lutte contre le réchauffement climatique, la question de la réduction des émissions de gaz à effet de serre est plus que jamais d’actualité. Cela est particulièrement vrai pour l’industrie du transport maritime, un secteur dont l’empreinte carbone est conséquente. Pourtant, cette démarche d’amélioration de l’empreinte écologique ne peut être menée de manière isolée. Il est nécessaire d’encourager une collaboration internationale afin d’atteindre des objectifs communs et significatifs.

Le transport maritime étant une activité transnationale par essence, une entreprise de ce secteur ne peut agir seule pour réduire son impact environnemental. Il est nécessaire d’établir des normes et des objectifs communs, à l’échelle internationale. C’est le rôle d’organisations telles que l’Organisation maritime internationale (OMI), qui définit des normes mondiales pour la sécurité, la sûreté et la performance environnementale des transports maritimes.

Anais Fleury, spécialiste du transport maritime, rappelle qu’une telle collaboration est cruciale : "Aucune entreprise ne peut résoudre seule les problèmes environnementaux liés au transport maritime. Il est nécessaire d’avoir une approche coordonnée, qui inclut aussi bien les gouvernements, les régulateurs, les armateurs, que les clients."

Diverses initiatives internationales ont déjà vu le jour, comme l’engagement d’une soixantaine de grandes entreprises de fret maritime à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici 2050, par rapport à 2008.

Le rôle des politiques publiques et des aides à la transition écologique

La transition écologique du transport maritime ne peut se faire sans le soutien substantiel des politiques publiques. En effet, le passage à des technologies plus propres et plus durables nécessite des investissements importants. Dans ce contexte, les aides publiques peuvent jouer un rôle déterminant pour encourager et faciliter cette transition.

"L’investissement dans des technologies plus propres et plus efficaces est un défi majeur pour les entreprises de transport maritime. Sans un soutien public adéquat, beaucoup d’entre elles pourraient être réticentes à faire ce pas", explique Laura Hulle, experte en politiques environnementales.

Les gouvernements peuvent ainsi mettre en place des incitations fiscales pour encourager les investissements dans des technologies propres, comme les énergies renouvelables ou les moteurs électriques. Ils peuvent également soutenir la recherche et le développement dans ce domaine.

De même, les politiques publiques peuvent encourager la mise en place de normes environnementales plus strictes, qui inciteraient les entreprises à réduire leur empreinte carbone.

Conclusion

L’empreinte écologique du transport maritime est un enjeu majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pour la réduire, il est nécessaire de recourir à une multitude de solutions, allant de l’évaluation précise des émissions de gaz à effet de serre à l’innovation technologique, en passant par la transition énergétique, l’efficacité énergétique et l’éco-conception.

Mais au-delà de ces actions, il est crucial de favoriser une collaboration internationale et un soutien politique fort pour mener à bien cette transition écologique. Comme le souligne Laura Hulle, "les aides à la transition écologique sont un levier essentiel pour permettre aux entreprises de franchir le pas vers un transport maritime plus durable".

La réduction de l’empreinte écologique du transport maritime reste un défi complexe et global. Toutefois, avec une volonté commune et un engagement fort de toutes les parties prenantes, il est possible de rendre ce secteur essentiel de l’économie plus respectueux de l’environnement.